Rouler sur la neige en moto de route  : Faites-le !

En 2011 quand j’ai commencé la moto sur route et que je me suis rendu à ma formation en moto je me suis retrouvé en face des 15 visages moqueurs de mes collègues après être arrivé (vivant) à mon boulot en moto alors qu'il neigeait.

Ceux là n'ont pas lésinés sur les moqueries. Ils me trouvaient stupide d'avoir l’idée de rouler en moto sur la neige fraîche, me traitant de fou, me disant que ce n'était pas possible en moto (alors même que j'étais arrivé jusqu'à eux). Ils m'avertissaient, me disant que je me ferait mal, que je me briserais les os.
Oui… et alors ? Allez-vous faire chier tous les skieurs qui paient chaque année un forfait pour avoir le droit de se blesser ou se tuer sur les pistes ? Personnellement, je me verrais pas aller voir un alpiniste pour lui dire qu'il risque de se faire mal en grimpant le K2.

Pour comprendre pourquoi je l’ai fait il faut savoir que j’ai passé toute ma jeunesse entouré par des adultes motards, qui m’ont raconté leurs aventures motos. Oui parce qu’en moto, de simples anecdote comme « J’ai fait un tour de lac avec ma sportive » ou encore « J’ai roulé 200 bornes sur la neige et quand je me suis résigné à arrêter, un routier m’a fait parcourir les 50 derniers km » sont des réelles aventures.

La moto, on peut l'envisager comme un déplaçoire, un moyen de se rendre d’un point A à un point B rapidement en évitant le trafic. Mais pour beaucoup c'est avant tout un moyen de sortir de sa zone de confort, un moyen pour vivre un truc qu'on pourra raconter des années après, tant il nous a marqué.

On fait de la moto comme certains font du ski, de la glisse… Nous essayons de contrôler à la perfection l'équilibre de notre corps sur un skateboard ou de guider un véhicule mais c'est du pareil au même. C'est pour avoir cette sensation de maitrise grisante, pour aller plus vite, pour sauter plus haut.

Les enduristes et trialistes repoussent leur limites en roulant sur des reliefs impraticables. Comprenez qu'on fait de la moto pour le challenge. Et pour un poireau comme moi, rouler sur la neige est un challenge de taille !

Je l'ai déjà fait plus jeune, en VTT, et même sur la glace. Mon père avait jeté des seau d’eau sur la terrasse afin que je puisse appréhender la glisse, m'amuser, tomber et me relever. C’est un truc que vous pourriez faire avec vos enfants, j’en ai encore le souvenir 21 ans plus tard. Par la suite j’ai eu l’occasion de faire des sorties en moto d’enduro en hiver sur la neige. Avec des crampons, aborder la neige n’est vraiment pas un problème, on a juste un peu de mal à attaquer. Par contre, le paysage en vaut carrément la peine. On est le seul à arpenter un chemin qui avant notre passage est tout simplement invisible. Dans la foret, même non loin d'une ville,  c’est comme si l’homme n’avait jamais existé.

Sur une route enneigée, avec des pneus de roadster très peu texturées, je vais pas vous le cacher : je me suis pissé dessus. Avec ma première moto, j'ai eu l'occasion de faire 20 bornes sur la neige fraiche, j'essaierai d'éviter à l'avenir (je me fais vieux !), mais je suis très heureux de l'avoir fait une fois. C'était incroyable de vaincre ces conditions horribles. Lors de cette aventure, j'ai finalement eu tellement peur de passer sur un carrefour fréquenté par la circulation que je me suis engagé sur une petite route d'un quartier résidentiel afin de ne pas prendre de risque. L'ironie c'est que cette route n'avait pas été salée. L'entièreté de la route était glacée. C'était un vrai parcours du combattant : D'abord, j'ai fait 100m en crabe avec la roue arrière bloquée dans le creux d'un caniveau. Je suis tombé 3 fois et finalement j'ai réussi à abandonner la moto chez un grand père qui l'a hébergé gracieusement. Il a dû bien rigoler, moi je suis rentré en stop. Pourtant, j'ai adoré les quelques kilomètres parcourus. Être le seul motard du bled à oser l'aventure c'était vraiment fun.

J'ai eu quelques autres aventures dans la neige, un long trajet ou j'avais la barbe qui se remplissait de cristaux. Une autre fois un petit trajet boulot ou même les voitures n'avaient pas osé rouler. Au final, j'étais le premier sur la neige freine, et j'ai réussi à prendre 160 en faisant glissant l'arrière sur la 4 voie,. Encore un gros kiff !




Bref, c'était pas tout le temps agréable. C'était même parfois très flippant ou douloureux (à cause du froid). Mais… grimper l'Everest, en soit, ne doit pas l'être non plus. Ça n'empêche que c'est des histoires enrichissantes et qu'on racontera encore pendant des années même si elles ne seront que rarement comprises par les autres. Je pense notamment à Jon Krakauer qui a réussi la première ascension d'une montagne d'Alaska par une face très compliquée. À son retour, il a voulu partagé son exploit, mais a été complètement ignoré par les habitants de la ville locaux.

N'attendez pas des autres qu'ils soient enjoués par vos maigres exploits, Faite le pour vous : Un jour, essayez la moto sur la neige !

A+





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