Mes premiers tours de roues en Lexus IS-F 2008

 

Il y a 3 semaines, je vendais mon Alfa GTV 916 à un prix convenable. Je n’ai pas attendu longtemps avant de chasser la petite dernière (ou plutôt la grosse dernière). Je suis allé à Bordeaux récupérer une des 100 Lexus IS-F vendue en France. 

Mais c’est quoi une IS-F ?

En 2006, un ingénieur de Toyota nommé Yukihiko Yaguchi est chargé de créer la première Lexus Sportive. Il y avait bien des prototypes de IS430 Toyota Team Europe avec le v8 4.3 sur la plateforme précédente mais aucune Lexus n’arrivait à la cheville des berlines sportives allemandes. Ce mec, c’est pas n’importe qui. Son palmarès : L’icone Supra M-IV et aussi la Toyota Chaser très utilisée en drift qui utilise en fait le moteur et les train roulants de la précédente. Pour réaliser ce projet, Yukihiko a dû demander l’autorisation d’oublier complètement ce qui faisait d’une Lexus une Lexus pour ne pas être limité par l’image, certes luxueuse, mais emplie de sobriété qui caractérise la marque. Il s’est entouré d’un grand nombre d’ingénieur du team F1 et aussi… de Toyota qui a participé à la réalisation du moteur ! 

L’IS-F est donc la concurrente des M3 / C63 AMG / RS4 de l’époque grâce à un v8 atmo 5.0 2UR-GSE  417ch 503Nm et une boite auto 8 rapports… à convertisseur ?! Oui, à convertisseur mais qui se targuait en 2008 d’être ni plus ni moins que la première boite 8 de série et aussi la boite la plus rapide du monde au passage de rapport avec seulement 0.1sec !  Cette voiture est la première Lexus « F » (pour Fuji), avant même la LFA. Ces chiffres de ventes sont cependant moindre en tout 5~6 000 exemplaires dans le monde contre 300 000~ pour la BMW M3.

Face à la concurrence, elle moins confortable qu’une rageuse C63 AMG, moins sportive que la BMW mais elle a la réputation d’être la plus fiable de toutes ces voitures. Le look est très discret : Les ouïes latérales, le capot bosselées et les ailes trahissent un peu le coté sportif pour qui a l’œil. Il y a néanmoins une petite particularité à l’arrière : 4 fausses sorties d’échappements ovales dont le but était de créer un effet de portance négative. Ce système conçu à la base pour la LFA a été tellement critiqué par les journalistes que l’invention a été enterrée à tout jamais. 

La mienne à moi !

C’est une 2008 de 115 000km origine France. Je n’ai qu’une seule des deux options : le toit ouvrant.  Il manque le régulateur de vitesse adaptatif peu courant. L’état semble être au top : beaucoup d’entretien, carrosserie « ok » pour son age. Le modèle avait un peu évolué en 2011 avec un nouveau design sur les feux et bouches d’aérations intérieures. Les changements sont relativement légers si ce n’est l’apparition du différentiel à glissement limité dont le manque était très critiqué à la sortie du modèle. Le twist c’est que l’ex proprio de la mienne a d’une part relooké l’intérieur avec les éléments phases 2 mais surtout a monté un LSD Cusco 1.5 voies qui vaut 2500$. C’est diff à plaques, qui fonctionne comme un embrayage, donc avec de l’entretien à prévoir. Vu qu’il est de l’année dernière, je n’ai pas de soucis à me faire. Mes freins ont 15000 km et la voiture a des suspensions neuves d’origine. En dessert : un silencieux HKS « Super sound master » qui est un duplex « twin loop », c’est à dire un silencieux composé de tubulures formants une boucle et amenant petits 2 silencieux en série de chaque cotés. C’est assez original, mais ne dégrade l’ADN de l’auto.

Quelles sensations ?

À conduire, la BVA 8 + les suspensions + le v8, c’est un délice en automatique. Elle est très silencieuse grâce à un habitacle de bonne qualité et une carrosserie bien ajustée. Si on ne veut pas s’épuiser, on peut la conduire en douceur comme une Prius. C’est d’ailleurs ce que j’ai fais sur mon premier Bordeaux / Lyon. Je n’ai même pas accéléré aux péages car la douceur de la voiture était très appréciable. Coté carburant j’ai atteint un très respectable 10,2/litres /100km. C’est 3 de moins que mon ex LS430 avec son v8 4.3 3uz-fe, et aussi 2 de moins comparé à ma 916 v6 3.0 qui pesait pourtant 300kg de moins. : Je vous le disait, Lexus c’est sobre !

La poussée est très linéaire sans surprise, coupleuse, pour le moment je l’ai jamais mis en travers car elle est particulièrement saine. La voiture est lourde (1 tonne 7~) mais le moteur n’a aucun mal à tracter très fort et la BVA y participe grâce à son étagement. Le calculateur de boite passe souvent la 8 dès 60km/h). Quand on s’énerve, le son de la voiture vient à 90% de son admission et 10% de l’échappement. En effet, à 3500 tr/minutes, une valve s’ouvre permettant des vocalises impressionnantes du coté de la boite à air ! Ça aspire de malade, un peu aigu, on a l’impression d’avoir une ford falcon v8 supercar et c’est là que la deuxième personnalité se montre. 

La voiture et son différentiel motrice à la perfection, elle se montre plutôt agile même dans les virages serrés dès qu’on accompagne les gaz, et accélère très fort. 

As-elle des défauts ?

Quelques mots sur la boite : Il parait que le convertisseur se bloque à 100% à partir de la seconde mais en vrai : On est un peu sur élastique comme avec toutes les boites similaires. En mode sport, le frein moteur est augmenté dans les descente, et les descente de rapport sont plus nombreuses pour avoir du frein moteur, pratique en montagne. Avec la position manuelle, les vitesses passent relativement vite même si on a un court délai avant le changement (1 demie seconde ?). C’est là la petite arnaque intellectuelle. Oui, la boite était la plus rapide pour changer d’un rapport à un autre, mais… avec il ne faut pas oublié le délai entre le clic sur les palettes en magnésium et l’action du changement de rapport. La voiture n’est pas au niveau des PDK / DKG récentes mais franchement en conduite sportive c’est tout de même excellent.

J’avais lu que la version de 2008 était un peu trop orienté circuit, et que les suspensions étaient un peu sèche, ce n’est pas le cas sur la mienne (aurais-je récupéré des suspensions du modèle le récent?) mais la vraie surprise ce n’est ni le confort, ni la fantastique poussée du moteur. C’est la capacité que la voiture, si lourde, soit plutôt endurante en dynamique et surtout sur les freins. Remettons les choses dans le contexte : J’ai testé 4 systèmes de freinages sur mon Abarth, 3 sur ma LS430 et je suis pourtant systématiquement déçus. Je voile les disques, j’ai du « fading », et à priori je suis un détaqué du freinage sur route. Mais j’ai eu l’occasion de faire un parcours sinueux de 40 km sur lequel j’ai cravaché plutôt fort. Le freinage semble être au top : Puissant, Endurant. Merci les étriers 6 pistons à l’avant (2 derrière).

La direction est un peu souple et est un peu trop démultipliée dans le sinueux. Certains propriétaires corrigent le problème en en installant un calculateur de direction assisté plus récents, je vais peut-être y passer. Quand on doit sortir ses mains des palettes, on se retrouve confronté à un autre détail embêtant : Le levier de sélecteur en mode manuel a le rapport supérieur en poussant, ce qui est l’inverse des boites séquentielles. Cela rend le levier logique pour la plupart des gens habituées à des voitures banales, mais un peu dommage sur une sportive. Une solution existe néanmoins : On peut inverser les cables de la prise du levier. 

Coté fiabilité, une joint sur la « valley plate » sorte d’échangeur a tendance à fuir du liquide de refroidissement… au milieu du banc de cylindre. C’est à la fois la panne connue et elle est couteuse car le joint est particulièrement peu accessible. Il faut prévoir plusieurs milliers d’euros d’intervention heureusement une seule fois dans la vie de la voiture car des solutions de remplacements de meilleure qualité existent.

À noter : Pour les grands, rentrer par les portes arrières peut être délicat et les places un peu petites. C’est compensé néanmoins par une banquette (2 places seulement) munie d’un bon maintient latéral.

Conclusion

Pour le moment c’est tout simplement des sensations géniales. J’ai l’impression d’avoir une voiture très récente malgré les 18 ans. Le confort est surprenant et finalement assez proche de ma LS430. L’endurance à la conduite sportive est la cerise sur le gateau, je ne m’y attendais pas du tout !

Tout n’est pas rose et j’ai une confession à vous faire…  La réputation de ces Lexus en terme de fiabilité est largement supérieur à ses homologues allemandes, mais pour autant… j’ai bien eu mon premier voyant moteur le lendemain de l’achat. En effet, mes premiers 700 km se sont passé à la perfection mais lors d’un démarrage le lendemain, j’ai eu un problème de richesse. Le problème ne s’est produit qu’une fois donc je vais pour le moment mettre cette déconvenue de coté en espérant que c’est une une simple bougie / bobine un peu fatiguée. Priez pour moi l’Adeptus Mechanicus !

À bientôt !

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